D’abord comédien, puis metteur-en-scène, aujourd’hui consultant, passionné de psychologie sociale autant que de théâtre, je reconnais que je ne suis pas facile à classer.
Laissez-moi vous raconter comment l’écriture a toujours été le fil qui relie les différentes activités qui font ce que je suis aujourd’hui.
Tout a commencé à l’âge de 10 ans, lorsque pour la première fois j’entendais, sur un 45 tours, un sketch comique. Cette rencontre avec l’humour, l’écriture et les bienfaits thérapeutiques du rire ont été assez déterminants puisque quelques années plus tard, à l’âge de 23 ans, j’entrais à la télévision pour écrire deux années durant mes premiers textes pour une émission hebdomadaire animée par Thierry Ardisson : « Lunettes noires pour nuits blanches ». Parallèlement à cette activité de rédacteur, j’écrivais des sketchs pour des artistes comiques très en vue à l’époque : Smaïn, Éric Blanc, Yves Lecoq.
Je caressais en secret l’idée de pouvoir moi-même interpréter un jour un spectacle de sketchs et l’écriture constituait pour moi la base indispensable qui me permettrait, en la maîtrisant, de réussir dans cette discipline.
Juste avant d’entrer à la télévision, j’avais passé deux années à me chercher (dont une aux États-Unis) et l’expérience qui m’avait le plus séduit était un stage d’une année, effectué dans un cabinet de formation dans lequel j’ai pu expérimenter le métier que j’exerce actuellement. Toutes ces disciplines, l’écriture, le théâtre et la formation ont pu s’agréger au sein du cabinet Quatre Épices que j’anime aujourd’hui.
En 1990, après un changement de présidence à la tête de France-Télévision, mes employeurs se sont retrouvés sur le carreau. J’avais 25 ans et c’était pour moi le moment idéal pour faire le grand saut : il était temps de monter sur scène ! Mon efficacité d’auteur avait déjà fonctionné, il ne me restait plus qu’à acquérir la confiance suffisante pour tenir un public en haleine.
Parmi les disciplines qui m’ont fasciné tout au long de mon parcours de vie, l’art oratoire fait partie de celles qui m’intéressent le plus. Aussi dès l’âge de 16 ans, je me rends régulièrement aux assises pour observer les plaidoiries des avocats.
Peu de temps après la fin de mon contrat à la télévision, un ami m’emmène à un casting et nous décrochons ensemble deux petits rôles dans une grande pièce jouée au théâtre de l’Odéon : « Le Balcon » de Jean Genet (mis en scène par Luis Pascual). Six mois durant, j’expérimente les joies et la vie du métier de comédien (au contact d’acteurs de la Comédie Française). Cette expérience me permet dans un premier temps d’acquérir le fameux statut d’intermittent. Il m’incite ensuite à me promener sur les différentes palettes des métiers du spectacle.
J’écris un spectacle médiéval pour la ville de Provins que je joue et anime pendant deux saisons. J’enchaine les petits rôles et figurations au cinéma. Je pratique le doublage de séries américaines et les voix de pub pour la radio. J’écris des bibles et réussis à vendre des concepts ou des épisodes pour des séries télés. Je vends même un scénario de long métrage pour le cinéma au producteur Paul Lederman. Je me rends compte que j’essaye toutes les facettes de ce métier en apprenant sur le tas.
Lorsque je me sens prêt, à 30 ans, j’écris et je joue mon premier One-Man-Show. Les pubs télés, les participations aux émissions de caméras cachées et les rôles récurrents au sein de séries commencent à bien fonctionner. Je tiens 6 mois à l’affiche. J’éprouve le désir après ce premier spectacle de me former en tant qu’acteur et de ne plus jouer sur mes facilités. Je décide donc d’entreprendre une formation de comédien.
Après ma formation au sein du Studio Pygmalion, les dirigeants de ce cours me renvoient des qualités de metteur-en-scène et de coach et me proposent d’intervenir occasionnellement pour leurs clients-entreprises.
Une grosse pub nationale pour la marque Ikea aura pour moi un rôle de déclencheur. J’ai alors 33 ans, je rencontre ma future épouse. J’ai le sentiment d’avoir fait le tour de mon désir dans le monde du spectacle. Je souhaite plus de profondeur qu’une simple présence sur des affiches dans le métro. J’ai besoin d’expériences différentes.
Je deviens alors consultant-formateur free-lance et les missions ne cessent de grandir en volume et en importance. Je commence à avoir des clients en direct et ce succès me pousse à 39 ans à créer mon propre cabinet de conseil et de formation, Quatre Épices, en 2004.
La même année, je professionnalise mon approche du coaching et de la formation par un diplôme d’une année à Paris 8, D.E.S.U. (Diplôme d’études supérieur universitaire : conseil en ressources et coaching) qui me permet d’avoir une approche plurielle des différentes écoles en matière d’accompagnement des hommes.
Depuis la création de mon cabinet, le succès ne s’est jamais démenti et les circonstances m’ont permis de rencontrer en 2006 le Chef français multi-étoilé Alain Ducasse. Cette rencontre a été une véritable opportunité puisque dès que j’ai collaboré avec lui, j’ai pu me spécialiser dans l’univers de l’hospitalité et les clients hôteliers et restaurateurs n’ont cessé de venir à moi. Cet univers constitué d’épicuriens et de voyageurs est à la lisière du commerce et du spectacle. Les clients d’un Palace ou d’un grand Chef ne vont pas au restaurant uniquement pour manger, mais bien entendu pour vivre une expérience unique, un voyage, découvrir de nouveaux territoires sensoriels. Ma collaboration avec ce monde me permet de faire la synthèse de tout ce que j’ai pu acquérir aux différents moments de mon parcours artistique et psychologique. Je trouve une résonance particulière au sens du détail propre au monde des Palaces et à l’attention ou à l’interprétation des signaux inconscients que doivent observer les grands professionnels de ce milieu. Cet art du décryptage humain est sans limite.
Pendant toutes ces années, l’écriture ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui, mon premier ouvrage sort (enfin !) en librairie, « Comment dire à un collègue qu’il sent mauvais sous les bras », aux Éditions Leduc.s. Il parle de communication non violente, d’intelligence émotionnelle et rend hommage à tous les participants que j’ai pu croiser au fil des séminaires que j’ai eu la chance d’animer.
Alexandre Dubarry
Découvrez mon livre Comment dire à un collègue qu’il sent mauvais sous les bras
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